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Dans cette section, je vous propose de découvrir des textes imaginés par différents écrivains qui accompagnent mon univers et donc mes tableaux et dessins tout d’abord.
Il y a pour commencer Amaury QUETEL, avec qui je collabore depuis le début et encore maintenant sur la plupart des œuvres ainsi que le dernier spectacle. Celui-ci est scénariste, poète et écrivain, il a fait de mon conte fantastique aussi le sien. La plume d’Amaury est incisive, unique et m’a touché dans mon cœur et mes tripes.
Je vous laisse en jugé par vous même avec les quelques textes que j’ai sélectionné pour vous.
D’autres plumes ont aussi participé sur quelques interludes tel que Aurélien LEMANT acteur, écrivain/Poète et journaliste. Mais aussi Patrice VERRY écrivain/auteur et directeur chez EXTRALUCID FILM.
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Et ouais j’me sacrifie
Pendant qu’mes plaies se purifient.
Scarifiée par la vie,
J’aime que mon sang se vide ici.
La mort me bonifie
Alors que s’écoule ma vie.
Victime d’une saine envie
C’est dans le vice que je m’enfuis.
Le rasoir en ami
Me délivre de ces ennuis.
Pour lui, aucun mépris,
Il me pénètre sans devis.
Je souris et je ris,
Du suicide, j’suis l’égérie.
Ici, loin d’mes ennemis
Seule la lame me guérit.
J’esquisse une embellie
Alors qu’le pinceau se raidit.
J’dessine une âme meurtrie
Que j’rature en raccourci.
Ma vie se rétrécit,
J’entends le tranchant qui me dit :
« Bienvenue à toi, Marie » ;
C’est sur cette voie que je revis.
Et c’est ici que je renie
L’ensemble de ces conneries
Qu’au fond d’moi j’maudis,
Qui fit d’moi un déni.
Loin des illusions du Paradis,
J’suis pas en pleine parodie.
Face au passé, putain je ris
Pendant qu’mon futur se décrit.
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J’avais 6 ans quand on m’a enfermée dans le désert.
Le Seigneur était ma prison, Alléluia.
Toi tu as 6 ans pour toujours, car là où je t’accueille nul n’a plus besoin de grandir.
Admire, Blanche : tu es moi en plus petite, pourtant tu es déjà moi demain, moi plus loin.
Ici, il n’y a que du maintenant en mieux.
A présent que j’ai réglé la question du temps, je serai ton seul espace.
Ainsi tu n’as plus rien à craindre, Maman est là pour toujours et Maman est partout.
Je serai pour toi un mur d’enceinte et un camp de vacances éternel.
Seuls les jeux sont obligatoires dans notre pays, et tous les jeux sont permis.
Avant même ta venue au monde dans cette vallée de jadis, j’avais tout prévu.
J’ai préparé cet endroit que tu vois autour de nous comme on repeint la chambre de l’enfant à venir, je l’ai peuplé de jouets en attendant de le voir plein de toi. Ces lieux sont à la semblance de mon amour pour toi.
Tout ici n’est que Maman offerte à sa Blanche.
Oh non (elle rit) n’aie pas peur.
Si tu aperçois une ombre, c’est moi : je suis le noir autour de chaque couleur.
Si tu entends un bruit, c’est moi : je suis la voix derrière toutes les voix.
Ecoute : de la moindre souffrance j’ai fait une chanson, et chaque chanson s’est forgée dans un métal inconnu, mon corps.
J’ai pensé notre univers comme une gigantesque vierge de fer.
Bienvenue dans le camp.
Je t’ai fabriqué à partir de moi-même une panoplie de survie, une combinaison d’immortalité taillée sur mesure d’après le patron de ta figure.
Qui mieux que Maman pouvait à ce point tout calibrer pour toi ?
Au nanomètre près, petit amour.
J’ai conçu ce cosmos comme je t’ai faite, toi.
J’ai réarrangé l’enfer pour qu’il nous plaise à toutes les deux.
Donne-moi cette jolie gueule, mon gentil miroir de poche, donne. Oh, ma beauté. Ma perle d’eau froide. Ma bombe artisanale.
Tu exploses dans ce décor dessiné pour toi.
Ici tu n’as guère besoin de parler.
Mon chant préenregistré suffit, j’ai composé la bande-son de notre camp de vacances, tais-toi pour entendre : j’ai écrit nos conversations à l’avance pour les magnifier !
Puis j’en ai consigné les paroles exaltées, comme la partition retrouvée de l’opéra parfait.
Nous serons toi et moi les instruments de musique géants qui manquaient à l’orchestre du navire de guerre.
Quel duo terrible ferons-nous debout sur l’estrade au milieu de la zone d’impact, ou dansant à califourchon sur les canons fondus d’un destroyer, avec nos microphones enfoncés dans la gorge comme une arme toute huilée.
J’ai bien répété le spectacle, j’ai engrangé toutes les données pour te les inculquer, je suis prête à régurgiter à leurs oreilles tout l’acide et le miel, la merde et le sel, les poudres et le sperme, les prières, les herpès et les règles, oh, béni soyez-vous toi et ton petit ovule avorté de sœur, Maman vous chéris de toute son âme, parmi les infarctus et les orgies, les reins qui éclatent et les fesses qui suintent.
Je vous adore comme un accident de cirque, comme une collision d’autocars le long du dock.
Approche ce minois apeuré, oh, mon bijou, tu as droit à ton playback sur chacune de mes chansons d’amour, je t’ai apporté tous tes masques de starlette, tous tes artifices de machine à succès.
Tu seras mon chef-d’œuvre articulé, un sacre d’épouvante pour tous les hit-parades, un juke-box de chair actionné par tous les soldats dans tous les rades de toutes les villes en sang de ma planète.
Une pièce dans la fente.
Un déclic comme un hoquet.
Le vinyle tourne et te prête ses mots.
Ta bouche est une ouverture sur mon néant.
Rien n’existe de plus pur.
Tu es mon expérience.
Moi aussi, j’ai mes masques de grande, regarde : piège à loups, ma bouche ouvre son O pour hachurer des Z dans les corps et dans les rêves.
Je suis la corne d’abondance pour les locataires de mes abysses, je leur recrache le trop-plein de moi-même dans des océans de cyprine ou de bave, j’inaugure un surplus militaire doublé d’un sex-shop dans leurs hypermarchés et leurs écoles.
A toi, ma fille, vas-y, tousse dans ton sifflet !
Viens sourire de concert avec moi sous le masque, viens. (Elle chante) OZchwitz !
Nous sommes libres mon bébé, libres parce qu’il n’y a plus de droits, et il n’y a plus de droits parce que je les ai remplacés par des BONBONS !
Avale, ma poupée tueuse, broie-moi ce sucre de tes dents de lait.
Tout ce qui est, est pour toi.
Cou de crabe, lèvres de chienne, bouche méduse, intestins pieuvres, épaules lombrics, c’est moi qui ai cousu tes organes comme on invente de nouveaux costumes pour une vedette.
Tu as vu les appâts de Maman ?
J’ai ma garde-robe, comme toi. Mais oui. Hop !
Visage-cage ! Et celui-ci, je suis surpuissante quand j’encastre ma mâchoire dans sa muselière.
Un masque sublimant, pour me tirer des narines le trop-plein d’éjaculations faciales des mauvais pornos, j’en exorcise les fantômes tels de la morve ; raccordé à mon oreille, ce masque-là sait convertir le cérumen en chenilles, observe donc : elles s’extraient d’elles-mêmes en rampant, chassées par la panique.
Et cet autre masque :
il avale les âmes de mes ennemis et leurs yeux se vomissent par mon chant truqué.
Tu dis ? (Elle rit)
Comme tu as de grands yeux,
Maman ? (Elle rit)
Mais ce ne sont pas les miens, touche, c’est ma collection de globes oculaires prélevés à même le crâne de mes spectres.
Tu ne pouvais pas savoir, mais je n’ai plus d’yeux, mon ange. Ils ont brûlé de trop mater le monde sous tous les angles.
Tu as les pupilles et l’iris que je n’ai plus, je les laisse briller sous ta cagoule de peau.
Moi je suis la voix de ta maîtresse, cale tes gestes sur mes hurlements et mes soupirs, danse sur mes karaokés.
Regarde, regarde ! Huître nombril ou œil clitoris, j’hésite entre deux greffons.
Montre-moi ce que tu choisirais à ma place.
Touche.
Et plus haut, plexus molosse puis tétons anémones, quelle architecture de viande, je m’aime tellement.
Et sache-le ma belle, je t’aime presque autant.
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Mon beau Glaucoss...
Je vais te sortir de ton blockhaus...
T'équiper... Te sangler...
Et nous allons y aller...
Prêts à nous élancer !
Lancer les lassos de l'assaut !
Enjouée, Marie-OZ se hâtait de préparer ses jouets...
J'ai envie de jouer et rejouer !
Des jouets... pour déjouer...
Des armes pour désarmer mes ennemis impies !
Dent pour dent, les réduire à néant...
Mon grand Glaucoss...
Je vais t'armer...
De mes Kitatuer !
POZer des canon à neutron !
DépOZer des fusées prêtent à fuser !
DispOZer mes catapultes-à-catastrophes
Pour gagner mes trophées !
EntrepOZer des missiles pour mettre dans le mille !
Munie de ses munitions Marie-OZ voulait
Mener à bien ses missions...
Mettre à bas ses tracas... Tirer dans le tas !
Attention...
Avec mes inventions, je vais lancer l'intervention !
Construire les routes de la déroute !
Cachés dans vos repères, je vous ai repéré !
Avant-postes en avant !
Oui,
Sachez que je vais vous chassez !
Tambours battant, souffle haletant,
Ah le temps de la victoire est proche !
Allez ! Allez !
L'offensive massive est jouissive...
En quête de la conquête, Marie-OZ voulait
Gagner les espaces pour plus d'espace !
Que l'espace soit à elle ! Rien qu'à elle !
Dominer... Rêver...
Dominer les rêves !
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Crisis : Face à la balle
Alors, c'est pour maintenant,C'est là qu'doit défiler ma vie;
Cette balle reste en suspens, un film se joue en guise de sursis.
J'me vois allongé sur l'dos,Deux personnes sont devant moi.
Y a Marie et l'aut' barjot en train d'préparer un futur trépas.
Ils trifouillent mes entrailles, ajustant le timing du mécanisme;
Moi, l'nounours, j'suis qu'un détail bourré de gaz pour l'exorcisme.
Elle avait rien d'mandé la p'tite,Elle était même pas née.
Il a fallu qu'elle m'agrippe, on pouvait plus s'lâcher.
Oh cowboy! Qu'est-ce tu fous?
Mais bon sang, barre-toi d'là!
T'es au centre du mauvais coup, la gamine mérite pas ça.
T'es qu'un pion, putain!
J'm'engueule comme-ci c'était maintenant.
J'me vois être un pantin attendri par des câlins
d'enfant.
On en aura eu de belles années, ensemble, dans l'innocence.
Je sens encore la mort s'échapper, tout ça s'est fait sans violence.
La démence nous a eus, j'n'ai pas su protéger Blanche;
J'l'ai emmenée vers l'inconnu, dans un endroit où l'Amour flanche.
C'est à cet instant que je suis né, avant j'n'étais pas grand-chose.
C'était pas prévu par l'autre tarée que je prenne vie dans l'Pays d'Oz.
J'ai parcouru un bout d'chemin accroché au lit d'la mort;
J'n'étais pas très serein et j'ai trimé sous l'coup d'l'effort.
Les souvenirs d'avant sont flous,J'me vois heureux dans ses bras.
J'comprends qu'elle puisse être
mon tout, faut qu'la sorte de cette merde-là.
Mais avant qu'on m'tire dessus, j'me suis échappé des mains d'l'horreur;
La deuxième fille, Nospheratu voulait goûter toutes mes saveurs.
L'odeur de ma propre fin, j'crois qu'j'l'ai senti bien trop souvent.
J'revois venir mon déclin quand j'subissais l'enfermement.
J'ai réussi à m'faire la malle avant qu'ces satanés crocs ne m'attrapent;
Maintenant, j'suis devant une balle, j'n'ai plus d'force dans mes p'tites pattes.
Le film revient sur lui-même en arrière, j'lorgne sur Blanche qui m'embrasse;
Je laisse couler une larme amère, faut qu'je sorte de cette impasse.
J'veux pas croire que tout s'arrête, j'ai même pas fini ma rédemption;
Même si ma vue n'est pas très nette, j'pense entrevoir une solution.
J'esquive la mort de manière vive, ma vie n'a débuté qu'y a quelques jours.
Pour Marie, faut pas qu'je prive;
Dans mon sac, j'ai plus d'un tour. J'ai jamais dégainé aussi vite,
J'capte qu'une enflure tombe;
Sur son corps, j'me précipite et j'latte le bide d'cet être immonde.
À présent, y a plus d'film ni personne pour frimer d'vant ma face;
Pour la p'tite Blanche, j'dois être digne, faut que Crisis soit dans la place.
Marie peut faire la fête, Nosphératu bouffer ses détritus;
J'ai qu'la gamine en tête et j'la sauv'rai de ces tordus.
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Parmi les machines infernales, les Glaucoss se conçoivent.
Les larves y arrivent par avionoz, non pas comme des esclaves,
Mais comme les fruits attendus de vergers fabuleux
Glissant dans le lubrifiant de mécanismes méticuleux.
Une fois passées dans le tuyau menant à l'estomacoz,
Elles connaissent les prémices d'une virée dans l'osmose
Et c'est au travers de la chaudière qu'elles entreprennent
De devenir de merveilleux cocons pour satisfaire leur reine.
Proches de la maturité, les plus fortes se font expulser
Afin de satisfaire Marie, la déesse au corps convulsé,
Les plus faibles filent vers l'injecteuramphétamoz,
Car elles ne sont pas encore aptes à servir les nobles causes.
À l'intérieur de la dinamoz, elles gagnent savoirs et passions,
Un magnifique verni les rend dignes de la création ;
Une sortie définitive les accueille quand elles sont prêtes
Et leur avenir s'écrit : ouvrière, guerrière ou soubrette.
À l'intérieur de la Tour infern'Oz, les Glaucoss se conçoivent,
Certains finiront nobles pierres ou d'autres deviendront épaves,
Car seule la volonté de Marie décide du sort de chacun,
Dans cette machine, tout être est le résultat d'un jeu taquin.
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L'évolution
Étrangement, j'ai quelques images de ma naissance,
Je me rappelle d'infimes détails qui ne m'ont pas échappé.
Le souvenir d'un grand fracas me revient souvent
Et les sensations d'une eau brûlante sur ma peau me reprennent.
J'éprouve les pressions des premières heures
Quand mon corps se faisait happer par le sombre de l'océan,
Puis il y a ce calme qui survient longtemps après
Tandis que l'eau refroidit et que le sable m'appelle.
Un grand soleil m'accueille alors que ma tête émerge
Et des bruits inconnus me parviennent aux oreilles,
Tout est nouveau, mais je me sens chez moi,
J'ai hâte d'atteindre le rivage pourtant lointain.
Je me souviens m'être transformé au contact de l'air,
Des membres sont apparus là où il n'y avait rien
Puis une chose incroyable s'est produite :
Je respirais la douce odeur de l'air marin.
À mesure que je progressais, je grandissais,
Entre deux vagues, je pouvais distinguer deux jambes sous moi.
C'étaient les miennes, nous allions dans la même direction,
Là où les bruits et les parfums étaient envoutants.
Dans le ciel, de drôles d'objets volaient,
Certains prenaient de l'altitude, d'autres s'écrasaient dans l'eau,
Et de ces choses immergées sortaient d'affreux monstres
Qui peu à peu me ressemblaient.
Ces autres âmes étaient mes frères et mes sœurs,
Mais toutes ne semblaient pas vouloir rejoindre la ville.
J'en ai vu se noyer, d'autres dériver
Mais je sais que maman s'occupe de les retrouver.
Je garde encore en mémoire cet instant,
Celui où mon corps a commencé à se redresser.
Je sens ma peau craquer à nouveau à l'évocation de cette souffrance,
Je revois des bouts de moi se désagréger dans le sel de l'océan.
Puis, il y a le contact du sable sur mes pieds,
Les douleurs continuent, mais se calment progressivement,
Tandis que je foule ce sol où je m'enfonce
Et que mes premiers pas se font hésitants.
Autour de moi, l'univers prend forme,
Des gens étranges sont sur la plage, mais tous sont souriants.
Je comprends qu'ils sont comme moi car je les vois nus,
Ça me rassure d'entendre dire que c'est ici le paradis.
Ça rigole, ça se prélasse, ça travaille ou ça picole ,
Tant de souvenirs que m'a offert la chance.
À présent, j'ai mes fonctions : baiser et servir à boire
En adorant Marie et mon futur sacrifice.
MAIL CONTACT: assomarieoz@laposte.net